Articles et Références

La première année de la vie du jeune enfant

  • « L’enfant allongé au sol changerait une à deux fois de posture par minute ». Il cherche à bouger afin de maintenir plus longuement son attention sur ce qu’il fait. Même si les temps de concentration sont, dans le très jeune age très fugaces, ils sont présents chez le bébé et vont s’alterner avec des moments de pause et des moments de moins grande attention pour s’allonger progressivement.
  • « Dans la seconde partie de la première année de sa vie l’enfant accède à la capacité intellectuelle de comprendre les relations de causalité entre les phénomènes (Si je fais ça, il se passe cela) » En tant qu’adulte nous pouvons alors lui proposer des objets divers lui permettant de faire l’expérience de son action: Taper, frotter, laisser rouler, déplacer, faire plus ou moins de bruit etc ….
  •  » Dés qu’un enfant rapproche deux objets similaires, il découvre la notion de : pareil-pas pareil ». Nous pouvons alors soutenir cette découverte de la catégorisation en enrichissant son environnement d’objets similaires en nombre suffisant afin qu’il puisse comparer, regrouper, assembler etc …
  • « Le bébé commence à éprouver ses premières limites corporelles au travers du dedans-dehors » . On peut observer alors le jeune enfant manipuler les objets avec ses doigts et particulièrement son index pour en découvrir les creux, les aspérités, les plis … Cette activité évolue progressivement vers le jeu de remplir-vider que l’on peut soutenir en lui proposant toute sorte de contenants de différentes taille. L’enfant pourra alors librement commencer à explorer et comprendre la propriété contenante des objets.

 

La deuxièmes année de la vie du jeune enfant

 

  • L’activité du remplir-vider s’affine ainsi que sa compréhension du contenant-contenu. « Il lui faut expérimenter les transvasements encore et toujours d’avantage en mettent alors à sa disposition des boîtes, des bassines, des seaux de tailles différentes »

 

Favoriser l’autonomie du très jeune enfant 

Qu’est-ce que cela veut dire ?

« Nos connaissances et notre expérience nous ont appris que les jeunes enfants ont des capacités , relatives bien sur, d’autonomie, à chaque étape de leur développement. »

« L’Autonomie ce n’est pas faire tout seul ! C’est avoir du plaisir à faire par soi même, à découvrir ses capacités, les exercer, se les approprier. C’est pouvoir choisir et décider , dans un cadre. »

« l’Autonomie ce n’est ni laisser faire – « abandonner » l’enfant à lui même , le laisser « se débrouiller » – ni laisser tout faire.

« L’autonomie ce n’est pas faire tout ce qu’on veut, mais vouloir tout ce qu’on fait » Michèle Célarié – Psychomotricienne.

« Favoriser et soutenir son autonomie c’est être avec l’enfant. »

Extraits tirés du livre «  l’Approche Piklerienne en multi-accueil » Introduction de Miriam Rasse

La Motricité libre 

Ce que l’enfant apprend par son expérience, il l’apprend vraiment, ce que l’adulte induit n’aide pas l’enfant à apprendre.

La motrice libre consiste à laisser l’enfant libre de ses mouvements afin de lui permettre d’explorer son corps et de se développer en toute confiance.  Dans la pouponnière qu’elle dirigeait à Budapest, l’Institut Loczy, la pédiatre Emmi Pikler, applique ce principe en laissant les enfants évoluer librement. Elle découvre que non seulement le développement moteur s’acquiert naturellement et dans un ordre bien précis, mais aussi que cette liberté donnée aux enfants leur apporte un sentiment d’accomplissement et de sécurité.

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 « Il importe de ne pas le contrarier en faisant intrusion, en exposant par exemple le bébé à des postures qu’il n’a pas encore découvertes et qu’il n’est pas encore prêt à adopter, lui enlevant la joie de découvrir par lui-même et la confiance en ses propres capacités »…. Myriam David 2003

Déroulement du développement moteur autonome selon Emmi Pikler

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Quelles en sont  les conditions ?

  • Donner à l’enfant la possibilité d’exercer ses mouvements à tout moment de la journée.
  • Le laisser répéter son mouvement  autant de fois qu’il le souhaite pour lui permettre de faire son acquisition, de l’intégrer.
  • Se retenir d’intervenir directement dans les apprentissages et la coordination motrice.
  • Être dans un contexte de sécurité affective et relationnelle.
  • Donner du temps à l’enfant pour qu’il puisse aller à son rythme.
  • Donner l’espace approprié
  • Mettre en place du matériel qui lui permet de développer ses capacités (éviter ce qui empêche de se mouvoir).
  • Des vêtements souples appropriés .
  • Sol qui renvoie la bonne information (pas trop mou)

Voici un court extrait de « Loczy une école de civilisation » de Bernard Martino sur la pédagogie développée par Emmi Pikler:

Et un film de Camille Juza dans -le monde caché des bébés- sur la motricité libre « Bouger »

Les avancées en neurosciences

(Article parut sur le site du Printemps de l’éducation – Mai 2016)

Depuis une quinzaine d’années, les avancées des neurosciences affectives permettent de mieux comprendre les besoins et les comportements de l’enfant. Ces recherches mettent en avant deux aspects : le cerveau de l’enfant, surtout avant 5 ans, est très immature :

→ L’enfant est dominé par son cerveau archaïque qui le pousse à réagir instinctivement pour sa survie : attaque, fuite ou sidération lorsqu’il se sent en danger ou que ses besoins fondamentaux ne sont pas assurés.

→ L’enfant est dominé par son cerveau émotionnel : il vit ses émotions très intensément, sans filtre, il n’a pas la capacité de les contrôler, de prendre du recul.

→ L’enfant ne peut pas se calmer seul. Lorsqu’il est laissé seul face à ses émotions de tristesse, de peur, de colère, des molécules de stress sont sécrétées (adrénaline, cortisol).

→ Apaiser, mettre des mots sur ses émotions permet de diminuer la production de molécules de stress.

→ On ne peut pas demander à un enfant de faire ce que son cerveau n’a pas la capacité de comprendre ou maîtriser (ex : formule négative, compréhension d’une règle, stopper son comportement).

→ L’enfant n’a pas la capacité d’entrer dans un rapport de pouvoir, ni de manipuler. Le cerveau de l’enfant est très fragile et malléable : L’environnement dans lequel évolue l’enfant a un impact sur le développement de son cerveau et donc sur son comportement et son état de santé.

Cercle vicieux : nocivité du stress de manière prolongée par l’action du cortisol (destruction de neurones dans des zones importantes du cerveau). La dureté des mots et des gestes, la négligence, l’exposition à des scènes violentes empêchent la maturation du cerveau, altèrent son développement et ne permettent pas à l’enfant de réguler ses émotions.

Cercle vertueux : la bienveillance, l’empathie et le soutien permettent un bon développement du cerveau tant intellectuellement qu’affectivement : cela permet la maturation progressive du cerveau, et le développement de ses capacités d’empathie. L’attitude bienveillante permet la sécrétion d’ocytocine, et diminue le stress, favorisant un meilleur apprentissage. Encourager l’enfant permet de sécréter de la dopamine, permettant à l’enfant d’être motivé, créatif, entreprenant, coopérant. L’enfant imite le comportement bienveillant de l’adulte par l’action des neurones miroirs.

 

 

Article parut sur le site du Printemps de l’éducation – Mai 2016